Le mois de décembre fut marqué par les décisions des principales banques centrales, illustrant un important découplage dû à des dynamiques macroéconomiques divergentes. Aux États Unis, la Fed a abaissé son taux directeur de 25pb malgré de fortes divergences internes, se focalisant sur les signes de dégradation du marché du travail, alors que l’économie reste résiliente et que l’inflation demeure au dessus de la cible des 2%. En Europe, la BCE a maintenu ses taux directeurs inchangés tout en révisant à la hausse ses projections de croissance et d’inflation, dans un contexte toujours mitigé avec un PMI manufacturier qui reste en zone de contraction. La Banque d’Angleterre a abaissé son taux directeur de 25pb grâce au ralentissement plus rapide qu’anticipé de l’inflation, tandis qu’au Japon, la BoJ a repris la hausse de ses taux directeurs (+25pb) à 0,75%, son plus haut depuis 30 ans, dans un environnement d’inflation persistante.
Dans ce contexte, la courbe américaine s’est pentifiée, avec des rendements à 2/10 ans variant respectivement de -9pb/+3pb. En Allemagne, les rendements à 2/10 ans ont progressé de 3pb/6pb. Le crédit Investment Grade européen s’est resserré de 2pb à 50,7pb (iTraxx Main 5Y), tandis que l’iTraxx Xover s’est resserré de 11pb à 244pb, un niveau historiquement bas, reflet de fondamentaux d’entreprises européennes solides et de taux de défaut contenus.
Le fonds a enregistré une performance négative sur le mois (-0,19%), pénalisé principalement par la hausse des taux souverains. Au 31.12, il offre un rendement à maturité de 3,34% (hors frais de gestion) pour une duration de 3,74 et une notation moyenne de BBB+.
Nous restons constructifs sur le crédit, qui offre un portage attractif (3,6% pour le fonds) dans un contexte de liquidités abondantes. Nous demeurons toutefois prudents sur les spreads de crédit compte tenu des forts besoins en capitaux à venir (financement des capex liés à l’IA, reprise des opérations de M&A;, plans de relance en Allemagne). Malgré l’appétit des investisseurs pour le crédit, l’abondance de l’offre primaire pourrait contribuer à un léger écartement des primes de risque. Nous comptons tirer parti des opportunités offertes par le marché primaire tout en conservant un positionnement défensif à ce stade.